LE TEMPS des voyages 2009
Ville-palimpseste
Rome – Italie
Du 21 au 26 avril 2009 (5 jours)
Groupe de 12 à 14 personnes
LE VOYAGE
Rome représente trois mille ans d'histoire, de civilisations superposées en strates, où s'entre-mêlent aujourd'hui les vestiges monumentaux de notre passé. Ville-palimpseste* par excellence, Rome est un puzzle impossible à reconstituer dans une seule vie d'homme, ce qui en fait le prix et la fascination.
Le visiteur pressé ignore souvent que la Ville éternelle comporte autant de portes fermées que d'adresses futées indiquées par son guide sur papier glacé. Grâce à un cicérone passionné, qui depuis plus de 20 ans explore les mystères de Rome, les participants à ce voyage hors des sentiers battus, découvriront quelques-uns des innombrables secrets de cette ville, de la Cité du Vatican et de la région des monts Sabins, à l'est.
Ici et là des portes vont s'ouvrir, le temps seulement de dévoiler leurs trésors historiques et culturels inattendus à un petit groupe de visiteurs prêt à rencontrer le génie du lieu.
* Le palimpseste, du grec palimpséstos, est un parchemin manuscrit dont on a effacé la première écriture pour pou-voir écrire un nouveau texte.
Nota bene :
Le choix du train de nuit comme moyen de transport pour se rendre à Rome (voir programme ci-après page 9) s'incrit dans la philosophie de ce voyage qui cherche à mettre un accent particulier sur la perception de la dimension espace-temps par chaque voyageur. En apercevant le magnifique paysage de l'Ombrie et du Latium dès son réveil, le participant va pouvoir partiellement revivre l'émotion des voyageurs d'autres siècles empruntant un des nombreux chemins menant à la capitale du Monde. En ce sens, il nous paraît également plus approprié d'être accueilli, non par un quelconque espace « arrivée » sans âme d'aéroport avec sa batterie de tapis roulants censés nous restituer nos bagages, mais par les majestueux témoins de la Rome antique bordant les rails entre la stazione Tiburtina et celle de Termini, et par le bouillonnement de la ville d'aujourd'hui.
Nous avons apporté un soin particulier à la programmation des itinéraires et des horaires pendant notre séjour afin de nous servir de la lumière incomparable de Rome pour rehausser ici et là le jeu des couleurs et du clair-obscur lors de nos visites.
Plusieurs visites de lieux habituellement inaccessibles au public sont prévues tout au long de notre séjour à Rome. De ce fait, les organisateurs du voyage ont pris l'option de limiter le groupe à 14 personnes, assurant ainsi une qualité de visite optimale. Il est néanmoins difficile de garantir une programmation absolument identique lors des deux voyages, notamment pour les visites prévues au Vatican et dans la maison pontificale, qui dépen dent des déplacements du pape.
En cas d'impossibilité d'accéder à la scala Regia et à la sala Regia (voir programme du samedi, 4e jour), nous offrons l'alternative d'une visite privée des musées du Vatican, avec entre autres les stanze de Raphaël et la chapelle Sixtine. Cette visite se fera après les heures d'ouverture officielles des musées, le samedi soir.
LE CONFÉRENCIER
De nationalité suisse et anglaise, Michael P. Fritz obtient une licence ès lettres en histoire de l'art, histoire du Moyen-Âge et archéologie classique en 1988.
Chargé de cours à l'Université de Zurich, aux Écoles polytechniques fédérales de Zurich et de Lausanne, il publie divers articles et ouvrages, dont un pour le Louvre à Paris. En 1999 il est nommé professeur à l'École d'ingénieurs et d'architectes de Fribourg, où il enseigne l'histoire de l'architecture et des civilisations.
Sa passion pour Rome se développe dans les années 1980 à l'occasion de premiers séjours de recherche. En 1990, grâce à une bourse du Fonds national pour la recherche scientifque, il séjourne trois ans dans le quartier San Lorenzo et à l'Institut suisse de Rome, dont il est membre. Il y rédige une thèse de doctorat sur l'école de Raphaël, thèse soutenue en 1996. Entre 1993 et 1994, sur un mandat de l'Office fédéral de la culture, il rédige une monographie sur l'histoire de la villa Maraini à Rome.
Depuis 2003, il dirige un projet de recherche d'envergure nationale sur la réhabilitation des rues et des places pavées dans les centres historiques en Suisse. La même année, il est nommé membre de la Commission des biens culturels du canton de Fribourg.
Parallèlement à l'enseignement et aux recherches appliquées, il poursuit ses recherches personnelles qu'il consacre à l'école de Raphaël et à l'art du portrait et pour lesquelles il a été élu membre correspondant à l'Académie royale des Belles Lettres de Barcelone en 2006.
RENCONTRES EXCLUSIVES
Donna Caterina dei Principi di Carpegna Falconieri, artiste-peintre, descendante de la famille princière Massimo d'Arsoli et cofondatrice de l'Association culturelle Leone Massimo.
Rita Gay, comédienne, diplomée de l'École romande d'Art dramatique à Lausanne, participa tion à de nombreux spectacles et collaborations dans les domaines du cinéma et de la radio. En 1992, elle fonde l'association Surparoles.
Christoph Riedweg, actuel directeur de l'Institut suisse de Rome et professeur ordinaire de philologie classique à la faculté des lettres de l'Université de Zurich.
Monseigneur Alain de Raemy, chapelain de la Garde suisse pontificale ainsi que deux hallbar diers.
ROME
Enfin je vois Rome...
Je vois ce théâtre où la nature humaine a été tout ce qu'elle pourra être, a fait tout ce qu'elle pourra faire, a déployé toutes les vertus, a étalé tous les vices, enfanté les héros les plus sublimes et les monstres les plus exécrables, s'est élevée jusqu'à Brutus, a descendu jusqu'à Néron, est remontée jusqu'à Marc Aurèle.
Cet air que je respire à présent, c'est cet air que Cicéron a frappé de tant de mots éloquents ; les césars de tant de mots puissants et terribles ; les papes de tant de mots enchantés ! Sur cette terre a donc coulé tant de sang ! Dans ces murs ont donc coulé tant de larmes ! Horace et Virgile ont récité ici leurs plus beaux vers ! Allons. Mais où aller ? Je suis au milieu de Rome comme au milieu de l'Océan : trois Romes, comme trois parties du monde, se présentent en même temps à mes regards : la Rome d'Auguste, la Rome de Léon X, et la Rome du pape actuel.
Laquelle visiterai-je d'abord ? Elles m'appellent toutes à la fois. Où est le Capitole ? Où est le musée de Clément XIV ? Qu'on me mène à l'arc de Titus. Que l'on m'arrête au Panthéon. Montrez-moi Sainte-Marie-Majeure. Je veux voir le tableau de la Transfiguration de Raphaël. Je ne vois pas l'Apollon du Belvédère. Comment choisir à Rome ? Peut-on y arrêter ses regards ? Il faut que je commence par errer de côté et d'autre pour user cette première impatience de voir, qui m'empêcherait toujours de regarder. Je suis donc à Rome ! Je suis donc dans cette ville que tout l'univers regarde.
Il n'y a point ici une pierre qui ne recèle une connaissance précieuse, qui ne puisse servir à bâtir l'histoire de Rome et des arts : sachez les interroger, car elles parlent. [...]
Hier, en sortant du Panthéon, j'ai été au Capitole. Cet endroit qui a dominé l'univers, où Jupiter avait son temple, et Rome son sénat; d'où jadis les aigles romaines s'envolaient continuellement dans toutes les parties du monde, et, de toutes les parties du monde, continuellement revolaient en rapportant des victoires ; d'où un mot échappé de la bouche de Scipion, ou de Pompée, ou de César, courait parmi les nations menacer la liberté et faire la destinée des rois ; où enfin les plus grands hommes de la république respiraient, après leur mort, dans des statues qui exerçaient encore sur l'univers une autorité romaine : eh bien ! ce lieu si renommé a perdu ses statues, son sénat, sa citadelle, ses temples ; il n'a conservé que son nom, tellement cimenté par le sang et les larmes de tant de peuples, que le temps n'a pu encore en désunir les syllabes immortelles : il s'appelle encore le Capitole. C'est au Capitole que l'on voit bien tout ce peu que sont les choses humaines, et tout ce qu'est au contraire la fortune. [...]
Il me tarde d'entrer dans le Forum. Il doit être près d'ici. Il s'étendait entre le mont Palatin, où Rome est née, et le mont Capitolin, où Rome est ensevelie.
Quoi ! ce Forum, autrefois couvert de temples, de palais, d'arcs triomphaux, jadis le centre de Rome, et par conséquent du monde, le théâtre de tant de révolutions, qui d'abord ont changé l'univers par Rome, et ensuite ont changé Rome par l'univers : c'est là lui !
Adossé à la muraille où les tables des lois étaient attachées, debout sur la prison où les complices de Catilina furent conduits à la mort quand Cicéron eut parlé ; appuyé sur le tronçon d'une colonne d'un temple de Jupiter Tonnant, je regarde..., et mon regard, errant dans une vaste enceinte, ne saisit que des débris de chapiteaux, d'entablements, de pilastres, qui la plupart ont perdu et leur forme et leur nom ; il passe sur six colonnes du temple de la Concorde, sur le fronton du temple de Jupiter Stator, sur le portique du temple d'Antonin et de Faustine, sur les murs du trésor public, sur l'arc de Septime Sévère, sous les voûtes d'un temple de la Paix, à travers les ruines de la maison dorée de Néron, et il va se reposer sur une colonne corinthienne de marbre blanc, qui, au milieu de l'étendue du Forum, monte isolée.
Quels changements ! Dans ces lieux où Cicéron parlait, des troupeaux meuglent ! Ce qui s'appelait, dans l'univers, le Forum romanum, s'appelle aujourd'hui, dans Rome, le champ des vaches (Campo vaccino) !
Charles Dubaty, Lettres sur l'Italie, 1785
LA CITÉ DU VATICAN
Sur la tombe de l'Apôtre
L'État de la Cité du Vatican a vu le jour suite aux accords du Latran en 1929. Avec une superficie de 44 hectares seulement, ce reliquat des États pontificaux plus que millénaires, est le plus petit état du monde, comptant 932 habitants en 2007. Le pape en est le souverain de droit absolu et divin, concentrant entre ses mains trois pouvoirs : législatif, exécutif et judiciaire. Dès 319 ap. J.-C., l'empereur Constantin fit ériger à l'emplacement d'une ancienne nécropole, supposée abriter les reliques de l'apôtre Pierre, une majestueuse église à la mémoire de ce dernier. La basilique constantinienne fut remplacée au XVIe siècle par une nouvelle basilique qui est d'une part la plus grande église catholique et le centre de la chrétienté, et d'autre part le lieu de culte le plus visité au monde. Il fallut plus de 150 ans, en faisant appel aux plus prestigieux architectes et artistes de l'époque et en procédant à d'innombrables remaniements, pour voir la basilique Saint-Pierre, et la place homonyme, achevées dans leur forme actuelle. Visible à des kilomètres à la ronde, la coupole réalisée d'après un projet de Michel-Ange domine la silhouette de la Ville éternelle.
Le palais du Vatican, composé d'une série de bâtiments totalisant pas moins de 1400 pièces, connaît une genèse tout aussi longue et complexe pour atteindre sa forme actuelle d'une impénétrable complexité. Il abrite – outre les appartements du pape, les bureaux de la Curie romaine, c'est-à-dire l'administration centrale de l'Église catholique romaine, gérant actuellement un peu plus d'un milliard de fidèles dans le monde – la bibliothèque et l'archive apostolique vaticane ainsi qu'une partie des musées du Vatican, l'une des plus somptueuses collections d'œuvres d'art au monde.
LA GARDE SUISSE PONTIFICALE
Fortiter et fideliter
La création du nouvel État de la Cité du Vatican en 1929 requit des contrôles réguliers à la frontière, aux entrées de l'Arc des Cloches, de la porte Sainte-Anne et de la porte de Bronze. C'est à la Garde suisse pontificale, fondée en 1506 par le pape Jules II, que revint la mission de garder les entrées principales de la Cité du Vatican, mais également de toutes les entrées du palais pontifical, aux bureaux de la Secrétairerie d'État et aux appartements privés du pape. Les gardes suisses veillent également sur la sécurité du Saint-Père dans tous ses déplacements hors de la Cité du Vatican.
Depuis sa fondation, la garde a connu des effectifs plus ou moins importants. Fondé sur l'enrôlement volontaire, le recrutement de la Garde suisse s'effectuait historiquement parmi les hommes célibataires de nationalité helvétique, originaires des cantons de Zurich et de Lucerne, auxquels se sont ajoutés ensuite les cantons d'Uri et d'Unterwald. De nos jours, il suffit simplement d'être citoyen suisse, de confession catholique romaine et jouissant d'« une réputation irréprochable ». Les futurs gardes suisses doivent être diplômés d'une école secondaire du deuxième degré (maturité ou baccalauréat) et avoir effectué leur école de recrues (être incorporé dans l'armée suisse, suite à une période de service actif de près de 20 semaines). Ils doivent également être âgés de 19 à 30 ans et mesurer au moins 1,74 m. Le fait de parler plusieurs langues est un atout.
Actuellement la garde est composée de 5 officiers (un colonel, un lieutenant-colonel, un major et deux capitaines), 27 sous-officiers (un sergent-major, six sergents, 10 caporaux et 10 vice-caporaux), 77 hallebardiers et 1 chapelain (avec rang de lieutenant-colonel).
LES MONTS SABINS
Carpe diem…
En 30 av. J.-C., Mécène, homme politique romain, proche de l'empereur Auguste, et célèbre pour avoir consacré sa fortune et son influence à la promotion des arts et des lettres, fit don à son protégé, le poète Horace, d'une villa située dans les monts Sabins non loin de Tivoli. Dans de nombreux récits poétiques, ce dernier rend hommage à la vie à la campagne, au plaisir des labeurs de la terre et à la contemplation de la nature loin de l'agitation de la ville. Ces textes figurent parmi les chefs-d'œuvre de la littérature universelle.
Lors d'une excursion d'un jour dans l'arrièrepays de Tivoli, à l'est de Rome, nous ferons nôtre la devise du célèbre poète romain dans un cadre d'une beauté exceptionnelle : « Carpe diem! », littéralement « cueille le jour ». Cette fameuse locution, extraite d'un poème lyrique, nous incite à savourer le présent, bien conscients que le futur est incertain et que tout est appelé à disparaître.
Afin d'éveiller en nous le regard empreint de nostalgie de certains écrivains du romantisme pour l'Arcadie, ce paradis perdu, la comédienne Rita Gay nous récitera à différents moments de la journée – dans la villa d'Horace, dans le château féodal des princes d'Arsoli et la villa Gregoriana à Tivoli – une séléction d'extraits de textes et de poèmes d'Horace, de Stace, de Goethe, de Chateaubriand et de Stendhal.
PROGRAMME AVRIL 2009
1er jour / mardi 21 avril 2009
Départ de Genève : 21h36
Départ de Lausanne : 22h20 en wagon-lit pour Rome
2e jour / mercredi 22 avril 2009
Après une nuit reposante en wagon-lit première classe, nous arrivons vers 9 heures à la gare de Termini au cœur de Rome. Libérés de nos bagages sur les quais, nous sommes prêts à découvrir aussitôt quelques-unes des curiosités de la Ville éternelle, comme les impressionnants vestiges romains du mur Servien situés devant la gare. C'est l'occasion de donner un permier aperçu topographique de la ville et des principaux changements de sa morphologie au cours des siècles.
Une pause bienvenue dans la Pasticceria Siciliano Gran Caffè U. Giuliani rythmera la deuxième partie de la matinée consacrée aux sources de la communauté chrétienne, avec la visite de la proche et majestueuse basilique de Sainte-Marie Majeure et de la singulière petite église de Santa Pudenziana. Cette dernière aurait été construite par le pape Pie I en 145 ap. J.-C. sur les vestiges de la maison sénatoriale d'un certain Pudente, dans laquelle l'apôtre Pierre aurait été accueilli autour de l'an 50 ap. J.-C.
Une promenade digestive, après un vrai repas romain chez Olimpio, nous conduira à notre hôtel en passant par une des plus belles mises en scène de Rome, la place d'Espagne et son escalier monumental. L'Hôtel InterContinental De La Ville, une des premières adresses de Rome, se trouve sur la prestigieuse via Sistina qui conduit à l'église de la Trinité-des-Monts et au fameux escalier du même nom, aujourd'hui décor des plus beaux défilés de mode après avoir vu passer toute l'aristocratie de sang et de l'argent et le petit peuple à son service, si bien décrit par les films néo-réalistes italiens.
Après s'être installés à l'hôtel, la fin de l'après-midi sera consacré à la visite de la magnifique villa Maraini, siège de l'Institut suisse de Rome dans le quartier Ludovisi, à quelques pas de l'hôtel. Nous y serons accueillis par son directeur, le professeur Christoph Riedweg, qui nous fera accéder aux somptueux de la villa, à son généreux jardin d'agrément avec ses pins maritimes séculaires, et surtout à la tour de son belvédère, dominant toute la ville et offrant un panorama unique. Assurément un des moments inoubliables de notre séjour.
La première journée se terminera par un dîner dans le cadre élégant de l'atrium-jardin de notre hôtel.
Nuitée.
3e jour / jeudi 23 avril 2009
Nous commencerons notre troisième journée avec la visite de la nécropole romaine située sous la basilique Saint-Pierre. Cette nécropole date du IIe ou IIIe siècle et fut mise à jour lors de fouilles effectuées entre 1939 et 1949. Elle abrite, selon la tradition, les reliques de SaintPierre, premier évêque de Rome, qui auraient été enmurées dans une tombe en 315 ap. J.-C. La présence présumée de ces reliques sacrées fait du Vatican, depuis l'époque constantinienne, un des hauts lieux du christianisme.
La deuxième partie de la matinée sera consacrée à la découverte d'une institution étroitement liée, depuis cinq siècles, à l'histoire de Rome et à celle de la Cité du Vatican depuis 1871 : la Garde suisse pontificale. En compagnie de l'aumônier de la Garde, Monseigneur Alain de Raemy, les participants se verront offrir une perspective confidentielle sur quelques lieux symboliques de la garde suisse au Vatican, sur son histoire à travers les siècles et sur le quotidien des gardes suisses aujourd'hui. Nous aurons l'occasion de nous entretenir avec des hallebardiers sur leur motivation à servir le pape par exemple.
Cette visite sera suivie d'une collation dans une pizzeria du Borgo, quartier près du Vatican. Après une brève visite de la basilique elle-même, nous partirons à la découverte des quartiers moyenâgeux et de quelques joyaux artistiques et architecturaux, situés entre le Tibre et le Panthéon. En passant par les ruelles aussi étroites que tortueuses des rioni [quartiers] Ponte, Parione et Sant'Eustachio, nous déboucherons sur des espaces plus généreux où rien dans l'aménagement n'a été laissé au hasard. Ces contrastes inattendus sont un des charmes indéniables de la ville.
Une terrasse des environs de la place Navone nous réservera une pause bienvenue avant de nous rendre au palais Massimo alle Colonne, où nous accueillera Donna Caterina di Carpegna Falconieri, descendente de la famille des princes Massimo d'Arsoli. Ce chef-d'œuvre de l'architecte siennois Baldessare Perruzzi, construit quelques années après le sac de Rome de 1527, compte parmi les plus remarquables édifices de la Renaissance tardive, notamment par son style all'antica.
Ensuite s'imposera, pour tout amateur de café, un arrêt chez Sant'Eustachio, où l'on boit un des meilleurs cafés de Rome. À quelques pas de là s'érige une des merveilles de l'architecture dans l'absolu : le Panthéon. Notre promenade historico-culturelle s'achèvera dans le voisinage par une visite de la place et de l'église Saint-Ignace où le visiteur pourra contempler une coupole d'un tout autre genre que celle du Panthéon et aura tout le loisir d'en comparer l'esprit et le message.
Nous aurons eu le temps de nous habituer à l'omniprésence des vestiges antiques, mais dîner Da Pancrazio (restaurant fondé en 1922) restera une expérience inoubliable, et pas seulement à cause de son excellente cuisine. En effet, ses différentes salles à manger sont aménagées sous les arcades monumentales du théâtre de Pompée, englouti peu à peu, dès le Moyen-Âge, par des bâtiments contemporains.
Retour à l'hôtel et nuitée.
4e jour / vendredi 24 avril 2009
Vers 09h00 nous partirons en autocar en direction des monts Sabins, situés à une cinquantaine de kilomètres à l'est de Rome. La première étape nous conduira dans la vallée de la Licenza, où se trouve le site archéologique de la villa d'Horace, un lieu idéal non seulement pour évoquer la culture millénaire de villégiature romaine mais également, en écoutant les textes littéraires et poétiques, présentés par la comédienne Rita Gay, de s'ouvrir au génie du lieu.
De là, il nous restera quelques kilomètres jusqu'au village médiéval d'Arsoli, dominé par le château de la famille Massimo, seigneurs féodaux de ce pays pendant plusieurs siècles. Donna Caterina di Carpegna Falconieri, dont nous aurons déjà fait connaissance la veille près de la place Navone, nous accueillera et nous présentera le château familial, ainsi que l'Association culturelle Leone Massimo, dont un des objectifs est la mise en état de ce patrimoine architectural extraordinaire. Notre cicérone expliquera le riche programme iconographique des décorations dans les différentes salles d'apparats. Ce bel exemple illustre à merveille les mécanismes de patronage artistique des grandes familles princières romaines à la fin de la Renaissance et à l'époque baroque, dans le but de souligner leur prestige et de consolider leur autorité féodale. Après la visite, une collation, avec des produits du terroir accompagnés par des excellents vins du Latium, nous attendra dans le cadre pittoresque du jardin suspendu du château.
Vers 16h00 nous quitterons Arsoli en direction de Tivoli, pour admirer le merveilleux paysage qu'offre le site de la villa Gregoriana, aménagée entre 1832 et 1836 pour le pape Grégoire XVI, soigneusement restaurée et ouverte au public en mai 2005, après de longues années d'abandon et de dégradation. Sublime spectacle naturel, cet endroit fut un sujet de prédilection des peintres à partir de la Renaissance déjà, et acquit entre le XVIIIe et le XIXe siècle le statut de destination incontournable du voyageur romantique transalpin, pendant son Grand Tour à la recherche du paradis perdu, l'Arcadie.
Vers 19h00 notre bus empruntera la via Tiburtina pour le retour vers Rome. Là, devant des murs Auréliens, fuori le Mura, nous ferons halte à la table de Franco dans le quartier San Lorenzo, qui propose des mets simples à base de poissons, crustacés et coquillages, d'une fraîcheur inégalable et pour laquelle les Romains se déplacent de loin. Inutile de demander une carte au patron, il suffit de lui faire confiance.
Vers 23h00 l'autocar déposera le groupe à l'hôtel. Pour les infatigables, une petite promenade nocturne les conduira du Palais du Quirinal vers quelques-uns des plus beaux spectacles architecturaux que la ville peut offrir. Nuitée.
5e jour / samedi 25 avril 2009
Cette matinée sera consacrée au quartier Regola, au Ghetto et à leurs trésors artistiques et architecturaux. Nous commencerons notre promenade par la via Giulia, témoignage magistral de l'urbanisme ambitieux du pape Jules II, qui donna son nom à la rue. Rectiligne et bien plus large que les ruelles tortueuses qu'elle remplaça, elle était destinée à relier les deux centres les plus importants de la ville de l'époque : le Vatican et le Capitole. La nouvelle rue allait très vite devenir la vitrine de Rome, en perpétuelle représentation, grace aux nombreux palais édifiés par les familles ennoblies par ce pape.
En passant par la via Monserrato, la place Farnèse et le Campo dei Fiori, avec son traditionnel marché, nous nous rendrons au palais Capodiferro-Spada, somptueux exemple de l'architecture de palais du milieu du XVIe siècle, réaménagé au XVIIe siècle par son nouveau propriétaire, le cardinal Bernardino Spada, protecteur du célèbre architecte tessinois Francesco Borromini.
Borromini réalisa, dans le jardin du palais, une de ses œuvres les plus insolites, connue sous le nom de la prospettiva del Borromini.
Une aile du palais héberge encore aujourd'hui la magnifique collection d'art de cette famille, qui nous sera présentée par notre guide comme un authentique témoignage du patronage artistique et du goût raffiné d'une des familles princières les plus influentes du XVIIe siècle.
De là notre balade nous mènera, en passant par la place Mattei, le portique d'Octavie et le théâtre de Marcellus, sur la place du Capitole, chef-d'œuvre absolu de l'urbanisme de la Renaissance tardive, précurseur des aménagements scénographiques spectaculaires du Baroque.
La terrasse du restaurant-bar Caffarelli offrira à notre collation un cadre splendide devant un des paysages urbains les plus impressionnants de cette capitale millénaire : le Forum avec, à sa droite, le symbole du pouvoir impérial : les palais du Palatin – un colossal amas de murailles, d'étages, de terrasses et de toitures hautes.
***
Après une pause de deux heures, le groupe retrouvera son guide sur la place Saint-Pierre au pied de l'obélisque pour une brève présentation sur l'aménagement de la place et le déplacement inouï de l'obélisque ingénieusement mise en œuvre par Carlo Fontana, Tessinois lui aussi, qui marqua profondément ses contemporains. Vers 16h45 nous nous rendons au portone di Bronzo, munis d'un laissez-passer pour accéder au palais pontifical par l'entrée principale. En parcourant le long corridor qui mène au pied de la scala Regia, nous connaîtrons l'émotion des chefs d'État, reçus pour une audience privée par le pape, ou des diplomates portant leur lettre de créance au souverain pontife. En accédant à cet escalier véritablement royal, réalisé par Gian Lorenzo Bernini pour le pape Alexandre VII, nous expérimenterons l'envolée de l'architecture baroque romaine dans son expression la plus pure. Une deuxième rampe, plus modeste, nous mènera à la sala Regia, lieu de réception d'apparat du pape, ornée de fresques monumentales sur des thèmes historiques. Et enfin, une dernière porte à deux battants s'ouvrira pour nous sur ... la chapelle Sixtine.
Après le feu d'artifice offert par cette visite exceptionnelle nous partagerons un dernier dîner commun dans le quartier du Trastevere. Retour à l'hôtel en taxi.
Nuitée.
6e jour / dimanche 26 avril 2009
D'autres auront peut-être envie de partir seuls à la découverte pendant quelques heures, afin de prendre congé d'une ville qui laisse rarement partir le visiteur sans un brin de nostalgie. La collation de midi sera individuelle.
Nous nous donnons rendez-vous à l'hôtel à 16 heures, d'où un bus conduira le groupe à l'aéroport de Fiumicino.
18h50 vol Rome – Genève avec Fly Baboo.
20h30 arrivée à Genève Cointrin
VOTRE HÔTEL
Hôtel InterContinental De La Ville
via Sistina 72, I-00186 Rome
tél. 0039 06 67 331
Sis sur la fameuse via Sistina, planifée en 1564 à l'usage exclusif du cardinal Giovanni Ricci da Montepulciano, lui permettant de passer de la via di Porta Pinciana à sa villa, notre hôtel bénéficie d'un emplacement exceptionnel.
En 1925, à l'endroit d'une ancienne pension, l'architecte hongrois József Vágó, lauréat – l'année suivante – du Concours international d'architecture pour le palais de Nations à Genève, réalisa un établissement hôtelier de tout premier plan. Cette enseigne devint rapidement l'une des premières adresses de Rome pour les voyageurs, artistes et écrivains en particulier.
L'hôtel dispose de tout le confort d'un palace de sa classe et bénéficie notamment d'une terrasse panoramique et d'un bel atrium-jardin. Bien qu'extrêmement central, à une minute à pied de la piazza di Spagna, calme et luxe sont ici maître-mots.
PRIX ET PRESTATIONS
PRIX
Abonné | Non abonné | |||
|---|---|---|---|---|
Par personne sur base 14 personnes | CHF 4'950.- | CHF 5'350.- | ||
Supplément chambre / cabine individuelle | CHF 1'360.- | CHF 1'360.- | ||
Taxes d'aéroport | CHF 54.- | CHF 54.- | ||
Possibilité de s'abonner au Temps et de bénéficier du prix abonné | ||||
PRESTATIONS
Le train de nuit Genève -(Lausanne) -Rome, cabine 1ère classe à 2 lits, avec lavabo individuel
Le vol Rome-Genève, direct, avec Fly Baboo
La gestion des bagages depuis le quai de la gare à l'arrivée
Le logement en chambre double ou twin à l'hôtel InterContinental De La Ville
La pension complète à l'exception du repas de midi du dernier jour
Les boissons lors de la collation au Castello Massimo d'Arsoli
L'accompagnement du guide-conférencier Michael P. Fritz
L'assitance d'une personne de l'agence Equinoxe Création de Voyages
Les visites et excursions décrites dans le programme
Toutes les entrées sur les sites
Tous les déplacements en transports en commun, taxis et bus privés
L'entrée privée au Vatican
Sous réserve de modifications d'horaires et de visites
Les conditions générales de contrat de voyages (groupes) d'Equinoxe Voyages SA font foi.
A votre charge
Les boissons et pourboires
Le déjeuner du 26 avril
Les droits photo et vidéo s'il y a lieu
Les dépenses personnelles
Les assurances voyage et autres.
RENSEIGNEMENTS
Organisation:
Equinoxe Voyages SA
Chemin des Epinettes 6,
1007 Lausanne,
tél. 021 671 6000
Infos spécifiques:
Equinoxe Création de Voyages,
Christian Elmiger
Tél. 021 671 6000
info(at)equinoxe.ch
Infos générales:
LE TEMPS
par courriel: Carine Cuerel










